vendredi 16 janvier 2009, par Matthieu LASVÈNES
En juin dernier, Nicolas Sarkozy a lancé une réforme de la formation des enseignants. Sous couvert d’un allongement d’un an de la durée de formation devant permettre une revalorisation du métier d’enseignant, les projets du gouvernement ont pour objectif de faire des économies en supprimant la 5ème année de formation rémunérée, et de prendre une revanche idéologique en supprimant les IUFM et en sacrifiant la formation professionnelle et pédagogique des futurs enseignants.
L’UNEF avait exigé des garanties sur quatre points :
Un dispositif conséquent d’allocations sur critères sociaux,
Un cadrage national des masters préparant à ces métiers,
La mise en place de dispositifs transitoires,
Des stages en responsabilité dans l’ensemble des masters.
Le 15 janvier, Valérie Pécresse et Xavier Darcos ont apportés des précisions sur la mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants. Si de premières réponses ont été obtenues, l’UNEF les juge insuffisantes.
Pour répondre à l’inquiétude des étudiants préparant actuellement les concours, l’UNEF a réclamé des dispositifs transitoires permettant aux recalés à la session 2009 de repasser les concours les années suivantes et d’obtenir une reconnaissance diplômante de leur temps de préparation.
Les étudiants présents aux concours 2009 puissent repasser de droit les concours en 2010,
Tous les étudiants admissibles aux concours 2009 puissent s’inscrire en M2 sans justifier de l’obtention d’un M1,
Tous les titulaires d’un M1 recalés puissent s’inscrire de droit en M2,
Des commissions d’équivalence soient mises en place dans les universités pour valider tout ou partie d’un diplôme de M1 aux étudiants recalés et non admissibles.
L’UNEF exige que ces dispositifs suggérés par les ministres aux universités soient garantis par un texte réglementaire de cadrage afin de rendre ces droits opposables pour les étudiants concernés.
L’allongement de la durée de formation ne saurait être à la charge des étudiants au risque de d’écarter ceux issus de milieux modestes de ces métiers. Les dispositifs proposés sont un 1er geste de prise en compte de la demande de mixité sociale dans l’accès aux métiers de l’enseignement, mais sont insuffisants car ils concernent trop peu d’étudiants et sont d’un faible montant malgré les possibilités de cumuls.
un complément de bourse permettant le passage de l’échelon 0 à l’échelon 1 des boursiers inscrits dans ces masters la création de 12 000 bourses sur critères académiques et sociaux d’un montant maximum de 2500 € pour les étudiants non boursiers la réservation de 5000 postes d’assistants d’éducation aux étudiants de M2 et de 4000 postes aux étudiants de M1 se destinant à ces métiers. 40 000 stages en responsabilité rémunéré à hauteur de 3000 €
Ainsi, malgré les dispositifs proposés, entre 18 000 et 35 000 étudiants sur les 80 000 préparant les concours n’auront droit à aucun soutien financier. Pour 15 000 à 25 000 étudiants, le seul soutien financier sera le stage gratifié, soit 3000 € par an, ce qui est insuffisant pour vivre et très en deçà de ce dont bénéficient les fonctionnaires stagiaires (1310€ net pendant 12 mois). Cette réforme se fait donc à la baisse pour les étudiants.
L’UNEF demande un élargissement du nombre et du montant de ces aides pour que l’ensemble des étudiants se destinant aux concours de l’enseignement perçoivent une rémunération suffisante.
Ces annonces ne sont pas de nature à lever l’ensemble des inquiétudes des étudiants sur la réforme.
Les craintes quant au contenu des masters actuellement élaborés par les universités demeurent : ce n’est pas avec un cursus de master disciplinaire, différent d’une université à l’autre, que l’on formera efficacement les futurs enseignants aux missions qui sont les leurs aujourd’hui. L’UNEF demande à Valérie Pécresse un cadrage national des masters préparant à ces métiers.
Pour assurer le maintien d’une formation ancrée dans la pratique du métier, le master doit s’accompagner de stages en responsabilités dans un établissement scolaire afin que tous les étudiants se destinant à ces métiers bénéficient d’une réelle formation par la pratique.
L’UNEF dénonce la volonté du gouvernement de liquider les IUFM et demande des garanties sur leur rôle et leur avenir. Les IUFM doivent être maintenus comme opérateur de la formation professionnelle des futurs enseignants et des enseignants.